Nous partîmes à deux et arrivées au port nous étions toujours deux dit Popaule. Nous partons donc, Popaule et moi, en direction de la Provence ce lundi 18 octobre 1999. Le départ sous un ciel mi-figue mi-raisin est tranquille. Avant d'arriver à Toulouse nous décidons de prendre un raccourci, mal nous en prit, et c'est avec joie que nous retrouvons la nationale. A Carcassonne, arrêt repas. Nous sortons de cette ville avec un peu de mal et nous n'apercevons que de loin les fameuses tours, c'est dommage.
Le soleil vient nous dire un petit bonjour avant Béziers. Béziers, ville où nous avons beaucoup de mal avant de trouver la sortie, nous tournons, nous virons et c'est là que l'on apprécie les ronds-points. Soudain l'autoroute nous tend les bras, nous nous y engouffrons. Montpellier, averses torrentielles, poids lourds gênants, visibilité nulle, une aire de repos est là, nous nous arrêtons quelques instants. Passage à Avignon très encombré par les sorties d'écoles et de bureaux.. Comme tout un chacun nous roulons au pas. Enfin voici Le Thor, nous sommes arrivées à bon port.
Le Thor est une petite ville de 6000 habitants, située au coeur du pays des Sorgues. Créée probablement dès le VIIe siècle, cette cité comtadine a été propriété indivise entre les comtes de Barcelone et de Toulouse. Baignée par le soleil, (3000 heures d'ensoleillement par an) la ville reste fraîche en été grâce aux nombreux bras de la Sorgue qui la traversent.
Le lendemain matin nous faisons un petit tour de ville ce qui nous permet d'admirer le beffroi. Il date du moyen âge. L'église Notre Dame du Lac veille sur la ville depuis le XIIe siècle. Romane dans son ensemble, sa nef unique est abritée par une des voûtes gothiques des plus anciennes de Provence.
"Sur le pont du Thor, j'ai senti parfois
le goût vert et fugitif
d'un bonheur immérité:
ciel et terre étaient réconciliés."
Albert Camus
Le repas de midi avalé, nous prenons la route qui mène à Carpentras. C'est une sous-préfecture de 30 000 habitants. Nous voulions visiter le musée de la poésie.Là encombrements, gens énervés, klaxons, nous trouvons à nous garer mais comment promener sous une pluie battante? Nous reprenons la voiture en jurant que nous n'y reviendrons pas. Plus tard lorsque nous apprenons qu'une étape du tour de France y aurait lieu, j'ai pensé "bonjour la pagaille." Ayant vainement cherché le musée de la poésie, nous quittons la ville en en direction de Châteauneuf-du-Pape et nous roulons à travers les vignes sur une petite route sinueuse, toujours sous la pluie. Abritées sous nos parapluies, les pieds trempés nous prenons quelques photos. Comme elle aurait été agréable cette balade sous le soleil! Châteauneuf-du-Pape est une ancienne résidence d'été des papes. C'est sour l'ordre de Jean XXII que le Château, dont il ne reste que les ruines, fut édifié. Aujourd'hui, l'activité de la ville est concentrée autour de la viticulture. Les vins que l'on y produit ont une renommée mondiale.

Mercredi, le temps étant plus clément, nous partons visiter Arles. Nous passons par Cavaillon, la capitale du melon, puis par une belle route touristique qui mène à Saint-Rémy-de-Provence. Nous n'avons fait que traverser cette jolie ville d'artistes et de traditions qui était animée ce matin-là par le marché. Au sud du centre ville actuel se trouve le site de GLANUM, remarquable par la beauté de sa mise en scène dans le paysage du massif des Alpilles. Il compte parmi les sites majeurs du Sud de la France au même titre que Vaison-la-Romaine, le Pont du Gard, Nîmes, Arles ou Marseille. Connaissez-vous Glanum? Si vous aimez les vielles pierres, allez vous promener dans cette ancienne ville habitée jadis par les Grecs, puis les Romains Glanum, ancienne capitale des Glaniques, est un ensemble de maisons à cour centrales, de rues avec égouts, de mosaïques, de thermes et forum.
Le temple de Valetulo a été offert par Agrippa gendre de l'empereur Auguste, à "Valetulo" ce sui veut dire en latin "la santé"
A l'époque de l'empereur Auguste on a construit côte à côte deux très beaux temples de taille différente mais de forme semblable. Ce sont les Géminés.

La maison des Antes
Au sud de la ville, bordant la rue principale, se trouve un quartier composé surtout d'habitations. Au début de l'empire romain l'aile ouest de la maison a été refaite. La pièce ouvre sur un portique par une grande baie encadrée de deux pilastres appelés antes, d'où le nom donné par les archéologues à la maison.
Les Antiques
Vincent Van Gogh disposait d'un atelier au rez-de-chaussée et d'une chambre simple et nue. Une fenêtre garnie de barreaux s'ouvrait sur le jardin.
Notre circuit passant par les Beaux-de-Provence, nous avions l'intention de visiter ce village, nid d'aigle au coeur des Alpilles. Les ruines de son château rappellent que ce fut une place forte imprenable. Nous avons donc gravi la route qui mène à ce roc aride et sommes arrivées à l'entrée du village, mais là, impossible d'aller plus loin. La promenade dans les Beaux se fait à pied uniquement et nous avons été bloquées au péage. Nous sommes donc redescendues car les parkings étaient complets, et notre seule solution était de remonter à pied. Descendre en voiture très bien, mais remonter à pied voilà une affaire qui ne nous convenait guère, d'autant que notre estomac commençait à crier famine. Nous avons donc dit adieu aux Beaux et continué notre route à la recherche d'un restaurant.
La pluie est de retour alors que nous nous dirigeons vers Fontvielle et le moulin de Daudet. Il faut du courage pour braver la tempête et la grimpette caillouteuse qui mène près du moulin. Tout en haut le vent tournoyant nous oblige à fermer nos parapluies. C'est dans ce lieu qu'Alphonse Daudet aimait à flâner tout en écoutant les récits du meunier. C'est là qu'il a signé la plupart de ses contes et en particulier "Les lettres de mon moulin"
"Un joli bois de pins tout étincelant de lumière dégringole devant moi jusqu'au bas de la côte.
A l'horizon, les Alpilles découpent leurs crêtes fines... Pas de bruit...
A peine, de loin en loin, un son de fifre, un courlis dans les vavandes, un grelot de mules sur la route...
Tout ce beau paysage provençal ne vit que par la lumière. Et maintenant, comment voulez-vous que je regrette votre Paris bruyant et noir? Je suis si bien dans mon moulin."
Alphonse Daudet - Lettres de mon moulin
Le mot provençal " Alyscamps" signifie : Champs Elysées. Il fait référence au passé antique de ce lieu. En effet, dans tout l'angle sud-est de la ville romaine d'Arles s'étendait, à l'extérieur des remparts une vaste nécropole, qui, au Moyen Âge, eu un très grand rayonnement dans l'Occident chrétien. De l'époque romaine au moyen âge, les Alyscamps ont été une nécropole païenne puis chrétienne. Ils comprenaient de très nombreux sarcophages. Le temps, capricieux vire vers le beau et nous permet de nous attarder dans cette allée.
Capitale romaine, grand centre religieux au Moyen Âge, Arles garde de son glorieux passé deux des plus belles antiquités gallo-romaines, les arènes et le théâtre. L'amphithéâtre date du 1er siècle et pouvait recevoir plus de 20 000 spectateurs. Deux étages, d'une hauteur de 21 mètres, comportent chacun 60 arcades. L'attique que couronne les arènes a complètement disparu. Les combats de gladiateurs ont disparu en l'an 404 et les corridas qui s'y déroulent aujourd'hui renouent, dans une certaine mesure avec la tradition antique.
Le théâtre construit sous Auguste est en bien plus piteux état que les arènes. Dès le 5ème siècle il sert de carrière pour la construction des églises et finit par disparaître sous les maisons et jardins. Il sera dégagé de 1817 à1855.
Du magnifique mur de scène , il ne subsiste que deux admirables colonnes entières de brèche africaine et de marbre italien.
Le lendemain, le soleil daigne nous accompagner pour notre visite à la Fontaine de Vaucluse. La montée vers la Fontaine est assez rude mais le décor enchanteur. La Sorgue descent en cascades puis s'étale, large, limpide dans un nid de verdure.


Déjà célébrée par le poète Pétrarque, Fontaine de Vaucluse doit sa réputation à sa célèbre et mystérieuse rivière émeraude qui surgit au pied d'une immense falaise. Nous grimpons sur quelques roches et là, la source s'offre à nos yeux, bleu clair, turquoise, transparente, plus foncée à certains endroits, si belle que les branchages se penchent et s'y mirent.

Nous avons eu très chaud en montant et la descente est plus aisée.
Après avoir visité le moulin à papier, erré dans les boutiques nous regagnons l'appartement afin de préparer la journée de demain.
Nous sommes déjà vendredi et nous allons faire un tout à Avignon. Avignon, ville d'esprit, capitale de la chrétienté au Moyen Âge, possède un pont de légende, le pont Saint-Bénézet, la plus belle et la plus forte maison du monde le Palais des Papes. Avignon est aussi la ville européenne de la culture avec son festival, héritage de Jean Vilar. Placée au coeur de la Provence, fière de ses traditions, elle est aussi la capitale des côtes du Rhône et un haut lieu de la gastronomie.
Donc, nous nous rendons à Avignon et notre première visite est pour le Palais des Papes. Trois heures à trottiner dans les diverses salles, escaliers à monter, marches à descendre pour connaître la vie des Clément, Benoît, Jean etc. Armées de notre audio-guide nous avons déambulé dans les 24 points differents de la visite. La virée est très intéressante mais bien fatigante.
Du haut de la terrasse de la Tour d'Angle, on domine une bonne partie de la ville, le clocher de la cathédrale Notre-Dame des Doms surmonté d'une imposante statue de la vierge, l'hôtel de ville construit au 19ème siècle. Il englobe la Tour de l'horloge des 14ème et 15ème siècles,le Rhône et le pont Saint-Bénézet. Cet ancien Beffroi, seul vestige de l'époque gothique, abrite une horloge à jaquemart.
A la sortie nous avons les jambes tellement lourdes que nous n'avons pas eu le courage d'arriver jusqu'au pont Saint-Bénézet.
Samedi est jour de départ, départ de la Provence ou retour vers les Pyrénées, comme vous voudrez!