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Mercredi 7 octobre 2009

La palombière

 

 

 

Chaque année au mois d’octobre Claude était atteint du fameux virus ; le « virus bleu » cette fièvre qui s’empare des chasseurs de palombes, les « paloumayres ». Plus rien ne comptait. Des jours de congés étaient réservés pour cette chasse peu commune. Dès le petit jour il préparait le nécessaire et partait pour la journée ne rentrant qu’a la nuit tombée. Lui qui manquait souvent de patience passait des heures à attendre l’arrivée de ces pigeons ramiers migrateurs nommées palombes dans nos Pyrénées.

 

 

Cette chasse se pratique dans les arbres, et pour cela il faut installer une cabane appelée palombière. Son plaisir de construire une palombière  était peut-être plus grand que celui de chasser Je ne sais plus combien il en a réalisé, trois ou quatre mais qu’importe. Une bonne partie de l’année il passait ses samedi et dimanche dans les bois afin de perfectionner ses œuvres.

 

 

 

Perchée sur de grands arbres (il aimait bien les chênes) faite de planches,  elle se dissimulait derrière des branchages et dominait les alentours pour voir les palombes arriver d’assez loin.

La cabane était toujours assez grande pour recevoir trois ou quatre chasseurs. On y accédait par une grande et solide  échelle taillée dans des rondins.   Cette echelle pouvait atteindre 15 mètres de haut. Aller à la cabane ce n’est pas seulement attendre le vol incertain des oiseaux bleus, c’est aussi se retrouver entre amis afin de manger, jouer aux cartes et plaisanter.

Toutefois il faut attirer les palombes sur la cabane et pour cela des appeaux ont été prévus. Ces appelants ont pour but d’imiter les oiseaux en train de se poser ou de se reposer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'était toujours Claude qui, en véritable acrobate, grimpait au sommet des arbres.  Il taillait les branches , installait les savantes  mécaniques (raquettes et filins) qui permettaient le maniement des palombes domestiques, ces palombes qu'il nourrissait et soignait avec tant d'amour.

 

 

Lorsqu’un  vol est aperçu, les appeaux, (des pigeons et palombes  attachés par une patte sur des raquettes que l'on monte à la cime des arbres environnants) sont agités. Attirées par les mouvements d'ailes des appeaux, les palombes tournoient dans le ciel, se posent enfin dans le silence le plus complet. Il ne reste au chasseur que le soin de tirer.

Par Fafane - Publié dans : Bouts de vie
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